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<title>Last posts on paul cartledge</title>
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<name>Xavier JASSU</name>
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<title>Les Grecs et nous</title>
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<updated>2026-07-20T00:15:00+02:00</updated>
<published>2026-07-20T00:15:00+02:00</published>
<summary> L'universitaire anglais Paul Cartledge, spécialiste des Spartiates, évoque...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'universitaire anglais Paul Cartledge, spécialiste des Spartiates, évoque l'ambiguïté de notre rapport avec les Grecs : ils sont à la fois très proches de nous, et très éloignés. J'ajoute cette précision : ils sont éloignés de nous en raison de notre mode de vie capitaliste, pour ainsi dire &quot;apolitique&quot;, dominé par la personnalité morale de l'Etat centralisé, qui réduit la politique à un &quot;process&quot; (et même l'intelligence à travers l'iA).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tiintin, héros démocrate-chrétien emblématique, est une sorte d'adolescent en fugue perpétuelle, qui cherche dans à rompre la monotonie de son existence. Il y a du Rimbaud dans Tintin, du Rimbaud qui finit par larguer la Muse pour aller fourguer des d'armes en Abyssinie. Mon rapprochement entre Tintin et Rimbaud s'appuie sur le fait qu'il y a du Verlaine dans le capitaine Haddock, qui pourrait bien avoir été largué par sa femme lui aussi dans une vie antérieure. Certes le lien entre Tintin et Haddock est platonique, et beaucoup moins tumultueux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tandis que Tintin ne songe qu'à partir, le héros grec, lui, ne songe qu'à retourner à Ithaque, d'où il a été éloigné par la folie amoureuse et guerrière. Shakespeare a traduit la ruse d'Ulysse comme un machiavélisme (&quot;Troïlus &amp;amp; Cressida&quot;), modernisant ainsi Homère, sans peut-être le trahir, un machiavélisme qui, selon Shakespeare, est positif. L'astuce de Tintin n'est pas la ruse d'Ulysse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Grecs nous paraissent familiers car leurs héros sont encore capables de nous émouvoir à travers les millénaires, leurs historiens de nous intéresser par leurs récits. L'actuel empereur de Chine Xi-Jinping, lors d'une rencontre avec son homologue états-unien Donald Trump en juin 2026, a fait référence à l'historien Thucydide.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Grecs sont d'autant plus proches de Paul Cartledge qu'il a dédié une partie de son existence à l'étude des Spartiates, et donc des Athéniens, car comprendre les Athéniens, c'est comprendre les Spartiates, et vice-versa. Non pas que les Béotiens, les Thébains ou les Corinthiens comptent pour du beurre, mais les Spartiates et les Athéniens sont à la fois complémentaires et opposés. Complémentaires dans la mesure où les Spartiates ont contribué à repousser les Perses, comme les lansquenets repoussèrent les Turcs de Soliman au début du XVIe siècle - opposés dans la mesure où les Athéniens seuls ont développé une philosophie politique &quot;inspirante&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour défendre ses Spartiates, P. Cartledge se fend d'une petite diatribe contre Aristote, leur plus célèbre détracteur. Aristote exprime son mépris des institutions spartiates, et précise que le régime spartiate est une &quot;gynocratie&quot;. Cet argument teinté de misogynie reflète selon P. Cartledge une &quot;anxiété masculine&quot; caractéristique ; en réalité les discriminations d'Aristote reposent sur la physique. Aristote s'est efforcé d'établir une hiérarchie des espèces, et à l'intérieur de l'espèce humaine il établit une hiérarchie aussi.&lt;/p&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sparte est une gynocratie car les femmes spartiates ont des droits que les autres femmes grecques n'ont pas, notamment celui d'hériter du patrimoine de leur père, et même de le gérer. Leur statut (officieux) plus élevé que celui des autres femmes grecques est lié au fait qu'elles seules, compte tenu du caractère autarcique des institutions spartiates, peuvent engendrer des soldats spartiates.&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les femmes spartiates avaient la réputation d'être belles (elles étaient plus sportives), mais aussi d'être des viragos : elles ont peut-être inspiré à Aristophane certains de ses personnages féminins, qui tiennent la dragée haute aux hommes.&lt;/div&gt;
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